Elle vient du bleu sibérien
S’est posée sous l’astre lunaire
A la croisée des chemins
Des promeneurs solitaires.
Elle guette derrière la pupille
Les iris à fleur de peau
Du regard qui la déshabille,
Lui distille un homme nouveau.
Elle sourit si le vent la touche,
Goûte le plaisir d’embrasser ;
Le suc candi sur sa bouche
Fond sous le feu de ses baisers.
Elle cueille les fruits de la vie
Jusqu’au faîte des branches, découvre
Au-delà des vagues d’envies
Tous les sentiments qu’ils recouvrent.
Elle s’éloigne, preste, à reculons,
D’un geste insigne de la main,
Sa silhouette file d’un bond,
Pointe légère dans le lointain.
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Edouard MANET |