Elles écoutent de l’intérieur
Le souffle des premiers instants,
Des mouvements d’infime lenteur,
La promesse de naître, son chant.
Elles gravent en elles, légères,
Un chef d’œuvre à chaque seconde,
Filent ses rayons de lumière ;
Art suprême de la mise au monde.
Elles le portent en elles, le couvent,
Perle nouvelle rouge sombre
Dans le ventre chaud d’une louve,
Son calice d’eau de mer et d’ombres.
L’être renaît de ses cendres
Dans l’infiniment petit,
Dans le silence, sans attendre,
Lance le cri de la vie.
Il gardera dans sa chair
Derrière les grilles du temps,
Trace d’elle sa vie entière,
Nourricière de rêves d’enfant.
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Odilon REDON |