« Nul n’entre ici s’il n’est géomètre » était inscrit sur le fronton de l’Académie de Platon. Dans la cathédrale chaque pèlerin est semblable à ce géomètre qui module le rythme de ses pas pour être en phase avec l’édifice, l’harmonie de ses volumes, son architecture.
En marchant dans la cathédrale, on passe du tracé arithmétique au tracé géométrique. Le tracé arithmétique, c’est le pas, l’effort soutenu, la mesure par le mouvement régulier et linéaire des jambes. Le tracé géométrique, c’est la sphère individuelle de l’homme qui déploie ses bras et embrasse l’espace du regard.
Les pierres semblent lui parler à l’oreille, et les colonnes, les arcs, les clés de voûtes, et les espaces qu’ils encadrent lui soufflent des mots et des idées en rapport avec leur emplacement dans l’édifice. Au rythme de ses pas, un discours prend forme peu à peu et donne du sens à sa présence dans ce lieu sacré.
Les Nombres et les rapports de proportions, qui régissent les tracés et les plans de l’architecte, mettent en perspective le matériel et le spirituel, et mettent l’homme au cœur de son propre projet : aimer son Frère comme soi-même, aimer Dieu.